Un pont entre le monde de la contemplation et celui de l'action (1951)

 

Dans cette lettre, La Pira explique le but des lettres circulaires adressées aux monastères :

[…] un « pont » à établir entre deux rives qui sont tout autant essentielles à la vie de l’Église qu’à celle de la civilisation : la « rive » de la contemplation et la « rive » de l’action. […] un pont entre ces deux rives, dans l’unité desquelles se réalise pleinement le christianisme : deux rives qui sont comme le reflet des deux natures du Christ, sa nature divine et sa nature humaine, la rive du Verbe et la rive de l’homme !

Ce colloque sert à ceux qui sont engagés dans la vie active :

[…] ce monde qui est d’une certaine façon le monde de l’action, de l’activité externe, du dynamisme incessant, demande souvent une seule chose de façon inconsciente : l’eau de la grâce, la douceur éprouvée du silence, les intuitions vitales de la solitude, les fruits extrêmement suaves de la prière, les puretés délicates et virginales de la lumière intérieure. […]

Et voilà que la ligne gracieuse et sévère, ferme et délicate, des monastères de clôture pointe de nouveau à l’horizon de la civilisation contemporaine.

Mais il sert aussi à motiver et à incarner la prière des sœurs cloîtrées.

Et, d’autre part, que demande le monde contemplatif ? Là aussi la réponse est claire : il demande à pénétrer dans les structures les plus intimes du monde « profane » avec le levain de la grâce, avec la lymphe de la prière, avec la mitre de la pénitence et avec la puissance de l’amour. Il demande à labourer et à féconder l’ensemble du territoire de l’homme : vie personnelle et vie familiale, vie économique et vie sociale, vie politique et vie culturelle. Toute la vie humaine constitue l’objet de cette question incessante. C’est la question même du Christ. Elle s’étend aussi loin que l’homme s’étend.