Mystère du Christ et de Marie (1948)


 

[...] La prémisse fondamentale qui doit orienter notre recherche, la ligne essentielle qui gouverne toute l’architecture de l’Incarnation, et pour cette raison de la Rédemption, est la suivante : étant donné la place essentielle que l’humanité du Christ occupe dans l’économie du christianisme, tout le système des sacrements et, par conséquent, tout le Corps mystique et tout le système circulatoire de la grâce lui sont liés de cause à effet. Étant donné que l’humanité du Christ est l’humanité de la Vierge [Mater Dei, Mater Christi], les mystères de l’humanité du Christ s’enracinent d’une certaine façon dans l’humanité de la Vierge et sont aussi, d’une certaine façon, les mystères de l’humanité de la Vierge.

[…] La vie de Jésus est-elle constituée d’un ensemble de mystères qui culmine dans la résurrection et dans l’ascension ? Eh bien le principe de solidarité et de corrélation entre le Christ et sa Mère nous permet d’établir que la vie de la Vierge est aussi constituée d’un ensemble analogue de mystères qui culminent dans l’assomption au Ciel du corps virginal de Marie. L’ontologie surnaturelle – affirmerais-je presque – demande cette assomption de la Mère du Verbe : l’architecte qui « construit » l’ascension  ne pouvait pas – dirais-je de façon hardie – ne pas construire l’assomption, l’une exige (d’une certaine façon) l’autre. La première n’est pas pleine (pour ainsi dire) s’il n’y a pas la seconde : là où il y a Jésus, il y a la Vierge !

[…] La théologie mariale développe et développera toujours davantage le principe de corrélation entre les mystères du Christ et ceux de la Vierge : ce mystère de l’assomption mis en relation essentielle avec celui de la résurrection et de l’ascension projettera une lumière extrêmement vive sur les suaves mystères de l’amour et de la rédemption !