Le premier Colloque Méditerranéen

 

 

La Pira définit l’évolution du premier Colloque méditerranéen comme « dramatique » avec alors deux graves crises en cours : la Palestine et l’Algérie. Les problèmes éclatèrent quand les représentants du gouvernement provisoire algérien, formé à peine un mois avant, entrèrent dans le Salone dei Cinquecento et que la délégation française se retira, y compris le théologien Jean Daniélou. Tout cela se produisit en plus en l’absence de La Pira qui s’était senti mal, après la journée inaugurale, pendant la messe à Santa Croce.

Le colloque se poursuivit malgré tout, mais toutes les graves questions de la situation méditerranéenne furent affrontées sans la dialectique positive et réaliste que la délégation française aurait pu y apporter. Louis Massignon synthétisa ainsi le climat du colloque : « Nous avons vu que les raisons spirituelles nous unissent et que les problèmes matériels nous séparent ».

Dans son discours inaugural prononcé avant de passer la présidence de l’événement au Prince héréditaire du Maroc, La Pira affirme qu’il est nécessaire de redécouvrir « la vocation et la mission à la fois historique et commune, pour ainsi dire permanente que la Providence a confié par le passé aux peuples et aux nations qui vivent sur les rives de ce mystérieux lac de Tibériade élargi qu’est la Méditerranée, une vocation et une mission qu’elle leur confie aujourd’hui et, en un certain sens, qu’elle leur confiera à l’avenir (si nous lui restons fidèles).

Cette vocation et cette mission historique commune consistent dans le fait que nos peuples et nos nations sont porteurs d’une civilisation qui, grâce à l’incorruptibilité et à l’universalité de ses composants essentiels, constitue un message de vérité, d’ordre et de bien, valable pour toutes les époques, pour tous les peuples et pour toutes les nations. »