A l’Assemblée constituante et au Gouvernement(1944-1951)

Quand il revient à Florence après la Libération en 1944, La Pira est l’un des représentants les plus compétents du mouvement catholique italien. Le 2 juin 1946, il est élu pour faire partie de l’Assemblée constituante.

 Au sein de cette assemblée, La Pira fait partie de la première sous-commission, celle qui rédige les « Principes fondamentaux ». Il compte parmi les artisans du dialogue entre les représentants catholiques (parmi lesquels on trouve Giuseppe Dossetti, Giuseppe Lazzati, Amintore Fanfani, Aldo Moro) et ceux d’autres courants idéologiques (les socialistes Lelio Basso et Piero Calamandrei, le communiste Palmiro Togliatti).

ImageIl signe de nombreux articles de la Constitution italienne : ceux sur la dignité de la personne (articles 2 et 3), celui sur le rapport entre l’Etat et l’Eglise (article 7), celui selon lequel l’Italie refuse la guerre (article 11).

Au Parlement, il forme avec Fanfani, Dossetti et Lazzati le groupe des « petits professeurs » intransigeants quant à l’établissement des questions sociales et de la lutte contre le chômage en tant que priorités absolues. Ces hommes s’opposent souvent aux dirigeants du gouvernement et de la Démocratie Chrétienne.


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En tant que sous-secrétaire au travail dans le premier gouvernement De Gasperi , La Pira a souvent dû jouer le rôle difficile de médiateur dans les âpres batailles qui opposent les syndicats endurcis, les industriels non disposés à céder et les ministres du budget et des finances peu enclins à la négociation.

Suivant les économistes Keynes et Beveridge, La Pira  indique le « plein emploi » comme le but fondamental de l’action politique : offrir un travail à tous n’est pas un mirage mais un objectif possible. La politique devait répondre, disait La Pira, aux attentes des pauvres : c’est là le titre de l’un de ses célèbres articles qui a suscité un grand débat.