Discours de clôture du troisième Colloque Méditerranéen (1961)

 


[…] Pendant nos travaux, nous avons pu ressentir la présence, en un sens invincible, d’une force historique qui – malgré des résistances parfois dramatiques – met les peuples de la Méditerranée et de l’Afrique noire (ainsi que du monde entier) en mouvement. Cette force fait converger les peuples (à partir des différentes positions où ils se trouvent, que celles-ci soient géographiques, politiques, culturelles, économiques ou même idéologiques) dans une direction fondamentale et unique, vers un port unique. La présence de cette « force convergente » et irrésistible (en un certain sens) structure et parachève le mouvement historique actuel des peuples de la Méditerranée, de l’Afrique noire (et du monde).

En suivant avec une attention scientifique et expérimentale les travaux du colloque, nous avons tous pu noter la présence de ces forces dynamiques de l’histoire actuelle qui la parachèvent : chaque peuple de la Méditerranée et de l’Afrique noire – sans aucune exception malgré des apparences contraires – est malgré tout poussé intérieurement dans une direction unique et vers un port unique. Cette direction unique et ce port unique peuvent être définis avec trois formules : 1) Indépendance politique ; 2) Paix ; 3) Coopération intégratrice (dans le respect des valeurs particulières et originales dont chaque peuple et chaque nation de la Méditerranée et de l’Afrique est porteur, à tous les niveaux, à partir de celui technique, économique et scientifique, jusqu’aux niveaux les plus élevés de la contemplation artistique et religieuse.